Entretien SOG

Quelles sont les questions les plus couramment posées lors de l’entretien des tests sous-officier de gendarmerie ?

Lors de l’entretien d’admission du concours de Sous-Officier de Gendarmerie (SOG), le jury cherche à tester votre motivation, votre équilibre émotionnel, votre culture générale et votre connaissance du métier.

​Les questions les plus fréquemment posées s’articulent autour de 5 grands thèmes :

​1. Motivation et projet professionnel

  • ​Pourquoi la gendarmerie et pas la police nationale ? (Question incontournable à laquelle il faut répondre de manière crédible).
  • ​Pourquoi voulez-vous devenir gendarme ?
  • ​Quelle subdivision d’arme souhaitez-vous rejoindre (gendarmerie départementale, mobile, Garde républicaine, etc.) et pourquoi ?
  • ​Si en sortie d’école vous êtes affecté en mobile alors que vous vouliez la départementale, que faites-vous ?
  • ​Que ferez-vous si vous échouez au concours cette année ?

​2. Connaissance de l’institution et du métier

  • ​Que fait un sous-officier de gendarmerie au quotidien ?
  • ​Connaissez-vous le déroulement et le programme de la formation en école ?
  • ​Quels sont les grands défis / actualités récents qui touchent les forces de l’ordre ?
  • ​Qui est le directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) et sous quel ministère est placée la gendarmerie ?

Le général d’armée Hubert Bonneau est le Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN) depuis le 31 octobre 2024

Avant sa nomination suprême, il occupait le poste de commandant de la région de gendarmerie de Bretagne et de la zone de défense et de sécurité Ouest.
Il a été, notamment, commandant du GIGN de 2014 à 2017 et quelques années plutôt commandant de l’EPIGN (Escadron Parachutiste d’intervention de la Gendarmerie Nationale) (1995 à 1998).

​3. Mises en situation et éthique

  • ​Que faites-vous si vous recevez un ordre que vous estimez illégal ?
  • ​Comment réagissez-vous si un civil vous insulte en intervention devant témoins ?
  • ​Que faites-vous si vous voyez un collègue commettre une faute ou utiliser la force de manière injustifiée ?
  • ​Comment procéderiez-vous pour annoncer un décès à une famille ?

​4. Personnalité et contraintes du métier

  • ​Quelles sont vos principales qualités et vos défauts ?
  • ​La vie en caserne, la mobilité géographique et les contraintes horaires vous font-elles peur ?
  • ​Quel est le regard de vos proches / conjoint(e) sur votre projet de rejoindre la gendarmerie ?
  • ​Comment gérez-vous le stress ou les situations conflictuelles ?
  • ​Quel est votre rapport à l’autorité, au port de l’arme et à l’usage de la force ?

​5. Culture générale et actualité (suite au sujet tiré au sort)

​En concours externe, l’entretien commence par une préparation de 10 minutes sur un sujet d’actualité ou de société, suivie d’un court exposé. Le jury peut vous poser des questions rebonds comme :

  • ​Un fait d’actualité récent vous a-t-il particulièrement marqué ?
  • ​Des questions de réflexion citoyenne (ex. « La liberté d’expression a-t-elle des limites ? », « Quel est le rôle du numérique dans la sécurité ? »).

Comment structurer efficacement l’exposé de culture générale lors de l’oral du concours SOG ?

L’exposé de culture générale dure 10 minutes (5 minutes d’exposé, suivies de 5 minutes de questions sur le sujet) après 10 minutes de préparation en loge. Pour réussir dans ce temps très court, la clé est d’adopter une structure rigoureuse et classique.

​La structure type (Plan en 3 temps)

​1. L’Introduction (1 à 1,5 minute)

  • ​Accroche : Un fait d’actualité, une statistique ou une citation en lien avec le sujet.
  • ​Définition des mots-clés : Cadrez clairement le sujet pour éviter le hors-sujet.
  • ​Problématique : Reformulez le sujet sous forme de question centrale (« En quoi… ? », « Dans quelle mesure… ? »).
  • ​Annonce du plan : Présentez brièvement les deux parties retenues (« Nous verrons dans un premier temps que… puis nous analyserons… »).

​2. Le Développement (3 minutes)

​Optez impérativement pour un plan en 2 parties / 2 sous-parties (A/B). Le plan doit traiter les enjeux de société sous un angle neutre et équilibré.

​Schémas de plans efficaces selon le sujet :

  • ​Pour ou Contre / Avantages et Limites :
    • ​I. Les bénéfices ou opportunités de la mesure/thématique.
    • ​II. Les risques, dérives ou limites associés.
  • ​Causes et Conséquences / Causes et Solutions :
    • ​I. Les origines et le constat de la situation.
    • ​II. Les perspectives d’avenir, leviers juridiques ou solutions concrètes.

​3. La Conclusion (30 secondes à 1 minute)

  • ​Bilan : Résumez en deux phrases la réponse à votre problématique.
  • ​Ouverture : Elargissez le sujet vers un enjeu connexe d’actualité ou de société (sans jamais imposer votre opinion personnelle).

​Méthode de gestion des 10 minutes de préparation

TempsAction en loge
0 à 2 minAnalyse du sujet : définition des mots-clés, choix de la problématique et du plan.
2 à 8 minBrainstorming et rédaction des idées principales sous forme de mots-clés ou puces.
8 à 10 minRedaction intégrale de l’introduction et de la conclusion pour sécuriser le début et la fin.

Conseils clés pour marquer des points devant le jury

  • ​Ne rédigez jamais tout le texte : Notez uniquement les titres et les mots-clés sur votre brouillon. Parler à l’aide de notes trop rédigées donne une impression d’agitation ou de manque d’aisance.
  • ​Ancrez votre exposé dans les valeurs républicaines : Vous postulez pour être un agent de l’État. Gardez une réserve de neutralité, ne prenez pas de parti extrême et appuyez-vous sur les principes de la République (liberté, égalité, laïcité).
  • ​Faites le lien avec la gendarmerie uniquement si c’est pertinent : Ne forcez pas la transition vers le métier dans le développement sauf si le sujet touche directement la sécurité, la technologie ou l’éthique.

Comment répondre de manière convaincante à la question ‘Pourquoi la gendarmerie plutôt que la police nationale ?

C’est l’une des questions les plus décisives du jury. Il ne s’agit pas de dénigrer la Police nationale, mais d’expliquer ce qui vous attire spécifiquement dans la Gendarmerie nationale et ses particularités.

​Voici les quatre arguments piliers à développer et la structure à adopter pour convaincre.

​1. Les 4 arguments clés de différenciation

  • ​Le statut militaire : Expliquez votre attrait pour les valeurs de rigueur, de cohésion, de discipline, de tradition et le sens du devoir propres aux forces armées.
  • ​La présence sur tout le territoire et la polyvalence : La gendarmerie couvre 95 % du territoire national (zones rurales et périurbaines) et offre une immense diversité de missions (sécurité publique, maintien de l’ordre, secours en montagne, maritime, etc.).
  • ​Le mode de vie et la cohésion (la vie en caserne) : Exprimez votre volonté d’intégrer une communauté soudée. Le logement par nécessité absolue de service (NAS) favorise la disponibilité, la réactivité et un esprit d’équipe fort au quotidien.
  • ​L’ancrage territorial et le contact humain : La gendarmerie repose sur un maillage fin du territoire et une proximité continue avec la population, les élus locaux et les acteurs de la vie rurale ou Périurbaine.

2. Trame de réponse type à l’oral

​Exemple de structure de réponse :

​« J’ai un grand respect pour la Police nationale, qui accomplit une mission essentielle en zone urbaine. Cependant, mon choix s’est naturellement porté sur la Gendarmerie nationale pour trois raisons fondamentales.

​Tout d’abord, pour son statut militaire. Je recherche ce cadre structuré, basé sur la discipline, le sens du service de l’État et une forte cohésion d’équipe.

​Ensuite, pour la diversité des missions et des territoires. La gendarmerie offre la possibilité de travailler au cœur des territoires, au plus proche des citoyens et des élus, tout en permettant une évolution de carrière très variée.

​Enfin, la vie en caserne correspond à ma vision de l’engagement : une disponibilité renforcée et un véritable esprit de corps au quotidien avec mes camarades. »

​3. Les pièges absolus à éviter

  • ​❌ Critiquer la Police nationale : Ne dites jamais que la police est moins bien organisée, trop politisée ou moins rigoureuse.
  • ​❌ Parler uniquement du logement gratuit : Le logement en caserne est une sujétion professionnelle (disponibilité) et non un simple avantage financier.
  • ​❌ Rester flou : Évitez les phrases génériques comme « J’aime aider les gens », car cela s’applique aussi à la police, aux pompiers ou aux douanes.

Propose-moi 3 questions pièges classiques du jury du concours SOG et explique-moi comment y répondre.

Voici trois questions pièges très classiques lors de l’entretien d’admission du concours de Sous-Officier de Gendarmerie (SOG), accompagnées de l’analyse des attentes du jury et de la stratégie de réponse.

​Question 1 : « Votre supérieur vous donne un ordre manifestement illégal. Que faites-vous ? »

  • ​L’objectif du jury : Tester votre connaissance du statut militaire, du Code de déontologie, ainsi que votre sens éthique et votre capacité de discernement.
  • ​Le piège : Répondre « J’obéis car c’est mon chef » (faute éthique et juridique) ou « Je refuse d’obéir immédiatement » de manière virulente sans chercher à comprendre.
  • ​La bonne stratégie : Rappelez la règle de droit statutaire. ​La réponse type : « En tant que militaire, le principe général est l’obéissance. Toutefois, selon l’article L. 4122-1 du Code de la défense, un militaire ne doit pas exécuter un ordre s’il est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. Concrètement, je demanderais d’abord à mon supérieur de me confirmer clairement son ordre pour écarter toute mauvaise compréhension. S’il persiste et que l’ordre reste manifestement illégal, je refuserais de l’exécuter, j’en référerais immédiatement à l’autorité supérieure ou aux instances de contrôle (IGGN) et je rendrais compte par écrit. »
  • ​L’objectif du jury : Vérifier que vous ne confondez pas « esprit de corps / cohésion » et « omerta / complicité ».
  • ​Le piège : Couvrir votre collègue au nom de la solidarité entre gendarmes, ou à l’inverse déclarer que vous allez en venir aux mains avec lui sur la voie publique.
  • ​La bonne stratégie : Distinguez le temps de l’action sur le terrain du temps du compte rendu administratif. ​La réponse type : « Sur le moment, ma priorité est de mettre fin immédiatement à la situation sur le terrain pour garantir la sécurité de la personne interpellée et préserver l’image de l’institution. Je m’interpose de manière professionnelle pour prendre le relais de l’intervention. Ensuite, une fois de retour à l’unité et la situation sécurisée, je recherche une explication avec lui. La loyauté envers l’institution prime sur la camaraderie : je rends compte fidèlement des faits par écrit à mon commandant de brigade. L’usage disproportionné de la force est inacceptable et nuit à l’ensemble de la gendarmerie. »
  • ​L’objectif du jury : Évaluer votre maturité, votre authenticité et votre humilité face à la réalité du parcours qui vous attend.
  • ​Le piège : Pour la première variante, répondre « Je fête ça » ou « Je m’achète mon équipement ». Pour les défauts, donner de faux défauts ringards (« Je suis trop perfectionniste » ou « Je travaille trop »).
  • ​La bonne stratégie : Montrez que vous êtes déjà proactif et conscient des étapes à venir. ​La réponse type (pour la première variante) : « Je préviens évidemment mes proches pour les remercier de leur soutien, mais sur le plan professionnel, je me mets immédiatement au travail. Je renforce ma préparation physique pour être au niveau exigé dès l’incorporation et je révise les fondamentaux des structures de la gendarmerie pour aborder l’école d’armée dans les meilleures conditions possibles. » ​Pour les défauts : Donnez de vrais traits de caractère travaillés et surmontables. Exemple : « Je peux parfois être anxieux face à l’imprévu, c’est pourquoi je compense en anticipant et en me préparant rigoureusement avant chaque échéance. »

Quels sont les conseils comportementaux et la posture à adopter face au jury lors de l’entretien SOG ?

L’oral du concours SOG est un entretien de recrutement militaire. La forme et l’attitude comptent autant, voire plus, que le fond des réponses. Le jury évalue si vous avez le comportement adapté pour porter l’uniforme.

​Voici les exigences comportementales clés pour réussir votre prestation :

​1. La présentation physique et la tenue

  • ​Tenue vestimentaire irréprochable : Costume/cravate pour les hommes, tailleur ou tenue professionnelle équivalente pour les femmes. La tenue doit être propre, repassée et sobre.
  • ​Soigne du détail : Chaussures cirées, cheveux attachés ou coupe nette, ongles propres. C’est le premier indicateur de votre respect pour l’institution.

​2. Le comportement à l’entrée et le protocole

  • ​Entrée dans la salle : Marchez d’un pas assuré. Ne vous précipitez pas sur la chaise.
  • ​Demander l’autorisation : Restez debout à côté de votre chaise et attendez que le président du jury vous invite à vous asseoir (« Bonjour Mesdames, Messieurs les membres du jury »).
  • ​Gestion des affaires : Posez votre pochette ou vos notes à plat sur la table devant vous, les mains posées à plat ou croisées sobrement. Ne gardez rien sur les genoux.

​3. La posture corporelle et le langage non-verbal

  • ​Droit et ancré : Asseyez-vous au fond du siège, le dos droit sans être figé, le buste légèrement penché en avant pour montrer votre engagement.
  • ​Geste maîtrisé : Évitez de croiser les bras, de faire bouger vos jambes (syndrome des jambes sans repos) ou de triturer un stylo.
  • ​Regard partagé : Balayez le jury du regard. Ne fixez pas uniquement le gradé le plus élevé ou la personne qui vous a posé la question ; incluez tous les membres (psychologue, officier, sous-officier).

​4. La communication verbale et le ton

  • ​Expression claire et dynamique : Parlez à voix haute et intelligible, sans vous précipiter. Adaptez un débit de parole posé.
  • ​Vocabulaire châtié : Bannissez les tics de langage (« du coup », « en fait », « genre »), le jargon familier et les hésitations prolongées (« euuuh »).
  • ​Savoir marquer un temps de réflexion : Si une question est complexe ou piège, prenez une à deux secondes de respiration avant de répondre au lieu de parler sous le coup de l’impulsion.

​5. L’attitude face au jury et la gestion de la pression

  • ​Déférence sans soumission : Soyez poli, respectueux (« Oui, Mon Capitaine » ou « Oui, Monsieur le Président » si vous connaissez les grades, sinon restez sur un « Oui, Monsieur / Madame » irréprochable), mais affirmé dans vos convictions.
  • ​Ne soyez pas déstabilisé : Si le jury joue au « bon flic / mauvais flic » ou remet en question vos réponses, ne montrez ni agacement ni crainte. Restez calme, courtois et argumentez sereinement.
  • ​L’humilité : Si vous ne connaissez pas une réponse de culture générale ou sur la gendarmerie, ne fabriquez pas une fausse réponse. Admettez-le avec simplicité : « Je ne dispose pas de cette information, mais je me renseignerai. »

Propose-moi une trame pour la présentation personnelle de 2 minutes au début de l’oral SOG.

La présentation personnelle (2 minutes) est votre première impression. Elle doit être fluide, synthétique et chronologique. L’objectif est d’expliquer au jury qui vous êtes, quel a été votre parcours et pourquoi vous êtes devant eux aujourd’hui.

​Voici la trame structurée et un exemple rédigé.

​La trame en 4 étapes (Méthode « Passé – Présent – Futur »)

  1. ​L’état civil et la situation actuelle (15-20 secondes) : Nom, prénom, âge, situation géographique ou professionnelle actuelle.
  2. ​Le parcours académique et/ou professionnel (40-50 secondes) : Vos études, vos expériences marquantes, vos engagements citoyens (réserviste, bénévole, sport) en mettant en avant les compétences transférables au métier de gendarme.
  3. ​Le déclic et la motivation pour la gendarmerie (30-40 secondes) : Pourquoi la gendarmerie ? Quel événement ou cheminement vous amène à passer ce concours aujourd’hui ?
  4. ​La conclusion / Se tenir à disposition (10 secondes) : Reboucler brièvement sur votre ambition et redonner la parole au jury.

​Exemple de trame rédigée (À adapter à votre profil)

​« Bonjour Mesdames et Messieurs les membres du jury.

​Je m’appelle [Prénom Nom], j’ai [Âge] ans et je suis actuellement [votre situation : étudiant en droit / réserviste / employé dans le secteur X].

​Mon parcours s’articule autour de [mentionner votre filière ou domaine : la gestion, le droit, la relation client, etc.]. Au cours de mes expériences professionnelles en tant que [votre métier/job étudiant], j’ai développé le sens du travail en équipe, la gestion des situations conflictuelles et la rigueur dans l’exécution de mes tâches.

​Parallèlement, je suis très investi sur le plan [sportif / associatif / citoyen]. [Si applicable : En tant que réserviste / jeune sapeur-pompier / bénévole], j’ai découvert le sens de l’engagement au service des autres et le goût du travail sous statut structuré.

​Si je me présente devant vous aujourd’hui pour intégrer la Gendarmerie nationale, c’est parce que je souhaite mettre ces compétences et mon énergie au service de la sécurité de nos concitoyens. Le statut militaire, la diversité des missions de terrain et les valeurs de cohésion de l’institution correspondent exactement à l’engagement professionnel que je recherche.

​Je suis à votre entière disposition pour échanger sur mon parcours et mes motivations. »

​Conseils pour les répétitions

  • ​Chrono en main : Entraînez-vous à voix haute jusqu’à stabiliser votre temps entre 1 min 45 et 2 min 10.
  • ​Ne lisez pas vos notes : Le texte doit être su par cœur dans sa structure, mais pas récité de manière robotique.
  • ​Ne dites pas tout : Laissez des « hameçons » (expériences marquantes, voyages, sports) sur lesquels le jury pourra rebondir pendant les questions.

Comment répondre à une question du jury SOG sur l’usage de la force et le port de l’arme ?

1. Le cadre légal à maîtriser parfaitement

Le gendarme est un agent de la force publique soumis à un cadre juridique strict. L’usage des armes est encadré par l’article L. 435-1 du Code de la sécurité intérieure (CSI), harmonisé avec celui de la Police nationale https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034107970.

Pour être légal, tout usage de la force ou d’une arme doit respecter 4 principes fondamentaux :

  • La nécessité : L’usage de la force doit être le seul moyen d’atteindre l’objectif légitime (aucun autre moyen d’action possible).
  • La proportionalité : L’intensité de la réponse doit être strictement proportionnée à la gravité de la menace ou de l’attaque.
  • L’absolue urgence : La riposte ou l’intervention doit être immédiate face au danger.
  • La concomitance : La riposte doit avoir lieu au moment même de l’agression (pas de vengeance ou de poursuite différée sous le statut de la légitime défense).

2. Comment structurer sa réponse à l’oral

Le jury pose souvent des questions comme : « Serez-vous capable de tirer sur quelqu’un ? » ou « Dans quelles conditions utiliseriez-vous votre arme ? ».

Trame de réponse recommandée :

  1. Rappeler le sens du port de l’arme : L’arme n’est pas un pouvoir, mais une responsabilité et une sujétion professionnelle.
  2. Affirmer la priorité à la désescalade : L’usage des armes est le dernier recours absolu. Le dialogue, la sommation et la maîtrise sans arme sont toujours privilégiés.
  3. Citer le cadre juridique : Mentionner la légitime défense ( article 122-5 du code pénal) https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417218 (En droit français, la légitime défense repose sur des conditions concernant l’attaque et la riposte, souvent résumées autour des critères fondamentaux de la nécessité, de la simultanéité et de la proportionnalité de la défense), et les conditions de l’article L. 435-1 du CSI.
  4. Assumer la responsabilité finale : Répondre clairement à la question de savoir si vous feriez usage de votre arme si la vie d’un tiers ou la vôtre en dépendait.

3. Exemples de réponses types

Si la question est : « Êtes-vous prêt à faire usage de votre arme à feu ? »

Exemple de réponse : « Oui, si les conditions légales sont réunies et qu’il n’existe aucune autre alternative. Le port de l’arme est une lourde responsabilité accordée par l’État pour protéger la population et assurer nos missions. Mon objectif premier sera toujours la désescalade par la négociation et les techniques de maîtrise sans arme. Cependant, si ma vie, celle de mes camarades ou celle d’un citoyen est en danger immédiat et grave, je ferai usage de mon arme, dans le strict respect du cadre légal de l’article L. 435-1 du Code de la sécurité intérieure et des principes de nécessité et de proportionnalité. »

Si la question est : « Quand pouvez-vous utiliser votre arme selon la loi ? »

Exemple de réponse : « L’usage de l’arme est régi par l’article L. 435-1 du CSI. Il intervient notamment en cas de légitime défense de soi ou d’autrui, lorsque des atteintes graves à la vie sont commises ou menacées, ou encore pour stopper des personnes armées représentant une menace imminente, après sommations faites à haute voix. Dans tous les cas, cela doit répondre aux principes de stricte nécessité et de proportionnalité. »

4. Les pièges à éviter absolument

  • ❌ L’hésitation ou le refus d’assumer : Répondre « Je ne sais pas si je pourrai tirer » montre un manque de préparation et un risque d’inaptitude sur le terrain.
  • ❌ L’excès de zèle ou le comportement belliqueux : Employer des termes de cow-boy ou montrer une fascination pour les armes. L’arme est un outil de défense, pas d’attaque.
  • ❌ Confondre légitime défense et vengeance : Ne jamais dire que l’on tire sur un véhicule en fuite s’il ne représente plus une menace directe pour les personnes.


La Gendarmerie nationale française est une force armée rattachée au ministère de l’Intérieur, articulée autour de grandes subdivisions d’armes et d’un maillage territorial précis.

La Gendarmerie nationale est une force armée placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur (depuis 2009), et du ministère des Armées pour sa participation aux opérations militaires. Elle est chargée de la sécurité des zones rurales et périurbaines.

Les grandes subdivisions d’armes

  • La gendarmerie départementale : Surnommée la « blanche », elle assure la sécurité de proximité principalement dans les zones rurales et périurbaines (environ un tiers du territoire pour une grande partie de la population). Elle gère la sécurité publique, les enquêtes judiciaires et la circulation routière.
  • La gendarmerie mobile : Surnommée la « jaune », elle est spécialisée dans le maintien et le rétablissement de l’ordre public lors de grands événements ou de manifestations, et renforce la départementale.
  • La Garde républicaine : Elle assure des missions d’honneur et de sécurité au profit des hautes autorités de l’État et des palais nationaux.
  • La gendarmerie spécialisée : Elle comprend des branches aux compétences précises (gendarmerie des transports aériens, maritime, de l’air, de l’armement ou de la sécurité des armements nucléaires).
  • Le GIGN : Le Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale est l’unité d’élite directement reliée au directeur général de la gendarmerie.

L’organisation territoriale

Le commandement de la gendarmerie départementale épouse l’organisation administrative du pays :

  • La région de gendarmerie : Elle correspond à l’échelon de la région administrative.
  • Le groupement : Il commande les unités situées à l’échelle d’un département.
  • La compagnie : Elle couvre généralement le territoire d’un arrondissement.
  • L’unité de terrain : Elle se compose soit de brigades territoriales autonomes (BTA), soit de communautés de brigades (COB) regroupant une brigade chef-lieu et des brigades de proximité.

Comment est organisé un escadron de gendarmerie mobile

Un escadron de gendarmerie mobile (EGM) est l’unité de base de la gendarmerie mobile. Commandé par un capitaine ou un chef d’escadron, il compte environ 110 à 120 militaires.

​L’escadron est structuré en 5 pelotons aux missions bien distinctes :

​1. Le peloton hors rang (PHR)

​Il assure la gestion logistique, administrative et le soutien opérationnel de l’unité. Il regroupe le secrétariat, l’armurerie, les transmissions, la mécanique et la gestion du matériel.

​2. Les pelotons de marche (3 pelotons)

​Ils constituent le cœur du dispositif pour les opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre (manifestations, sécurisation de grands événements, renforts territoriaux). Chaque peloton rassemble une vingtaine de gendarmes répartis en groupes tactiques.

​3. Le peloton d’intervention (PI)

​C’est le peloton spécialisé dans les actions dynamiques et les situations à risque :

  • ​Maintien de l’ordre : arrestation d’éléments violents au sein d’un cortège.
  • ​Police judiciaire : interpellations à domicile d’individus dangereux, perquisitions ciblées en soutien des unités de recherches.
  • ​Escortes sensibles : protection de convois ou de personnalités.

​Organisation sur le terrain

​Pour les déplacements et les interventions en maintien de l’ordre, l’escadron s’appuie sur une flotte de véhicules de transport de personnel (VTP) ou de camionnettes de maintien de l’ordre (iris/véhicules blindés selon les affectations), permettant une projection rapide de chaque peloton en autonomie.